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Pour les responsables du support technique

Quelle part de votre support technique est répétitive ? Comment le savoir en une semaine

Personne ne publie de chiffre fiable pour l’assistance téléphonique des fabricants : mesurez donc le vôtre. Une méthode sur cinq jours, un exemple chiffré et ce qu’il faut faire du résultat.

La tranche d’un épais manuel, avec une série de pages usées, cornées et repérées par un onglet orange.

Tout responsable du support a une idée de la part de la journée consacrée aux mêmes questions. Une impression se défend mal dans un dossier d’investissement. Il n’existe aucun chiffre publié sur les assistances téléphoniques des fabricants que vous pourriez reprendre : voici donc comment mesurer le vôtre en cinq jours ouvrés, avec un exemple chiffré de ce que donne le résultat.

En bref

  • Il n’existe aucun chiffre public fiable sur la part répétitive des appels au support technique des fabricants. Mesurez la vôtre.
  • Comptez une semaine d’appels par sujet, puis soumettez chaque sujet à deux tests : la réponse est-elle documentée, et deux conseillers, quels qu’ils soient, donneraient-ils la même réponse ?
  • Le résultat : une liste de sujets classés et trois parts, à savoir courant, demande du jugement et non documenté. Un exemple chiffré montre à quoi cela ressemble.

Pourquoi il n’y a pas de chiffre à reprendre

Les chiffres sur les « tickets répétitifs » abondent dans le marketing des logiciels. Ils décrivent les centres d’assistance logicielle et le service client de la distribution, où les questions portent sur des mots de passe et des colis. L’assistance téléphonique technique d’un fabricant de portes, de chauffage ou de sécurité est d’une tout autre nature : l’appelant est un professionnel, devant le produit, bloqué sur une étape précise.

Ce que la recherche publiée montre, en revanche, c’est la fréquence à laquelle le libre-service échoue. Gartner a interrogé 5 728 clients en décembre 2023 et constaté que seuls 14 % des problèmes étaient entièrement résolus en libre-service, et que même pour les problèmes que les clients jugeaient très simples, seuls 36 % l’étaient. La cause d’échec la plus fréquente, dans 43 % des cas, était que le client ne trouvait pas de contenu correspondant à son problème. Le communiqué ne précise ni qui étaient ces clients ni dans quels pays ils se trouvaient : il faut donc y voir un chiffre de service client général, et non un chiffre sur les assistances téléphoniques techniques.

Lorsque le contenu existe, ce qui échoue, c’est de faire parvenir le bon élément à la bonne personne au moment où elle en a besoin.

La méthode : cinq jours et une feuille de pointage

  1. Choisissez une semaine normale. Pas la semaine qui suit un lancement de produit, ni celle qui précède Noël.
  2. Notez chaque contact technique entrant. Téléphone, e-mail et messages, venant des installateurs et des distributeurs. Une ligne par contact : heure, produit, sujet en quelques mots, et s’il a été résolu lors de ce contact.
  3. Regroupez les sujets le vendredi. « Fins de course sur la 200 » et « comment régler la course » sont le même sujet. Comptez entre douze et vingt-cinq groupes.
  4. Soumettez chaque groupe à deux tests. Le schéma ci-dessous les présente.
  5. Comptez. La part des appels dans les groupes courants, c’est votre chiffre.

Deux tests pour chaque sujet

Appliqués au sujet, pas à chaque appel

À quoi ressemble une semaine

Voici un exemple chiffré : une semaine de 247 appels techniques sur une gamme de motorisations de portes industrielles. Les chiffres sont inventés pour montrer à quoi ressemble la feuille de pointage une fois triée. Votre semaine sera peut-être très différente, et c’est bien pour cela qu’il faut la compter.

Un pointage trié : une semaine d’exemple de 247 appels

À titre indicatif. Les colonnes indiquent la part de chaque sujet dans la semaine ; la courbe indique le cumul. Les sujets en bleu sont courants et documentés.

Lisez votre propre graphique en partant de la gauche. Le cumul montre combien peu de sujets suffisent à faire la moitié de la semaine. Les colonnes bleues montrent quelle part avait une réponse documentée que n’importe quel conseiller donnerait de la même façon. Dans cette semaine d’exemple, cette part est de 76 %, avec 14 % qui demandent du jugement et 10 % non documentés. Ces trois parts sont le résultat de l’exercice.

Un bloc-notes avec six rangées de bâtons de comptage au crayon, la première étant la plus longue, et un crayon posé à côté sur une surface sombre
La plupart des fabricants ont déjà mis les réponses par écrit. Un pointage montre lesquelles les installateurs continuent de demander.

Que faire de votre chiffre

La part courante est ce qu’un guide peut retirer à vos conseillers : tous les sujets dont la réponse est documentée et serait la même quel que soit le conseiller. La part non documentée vous indique ce qui manque à votre documentation, ce qui est tout aussi utile : c’est la liste de ce que vos meilleurs ingénieurs savent et que personne n’a mis par écrit.

Commencez par le sujet en tête de liste, et refaites le pointage trois mois plus tard. Si les sujets courants ont bougé, c’est que vos produits ou votre réseau d’installateurs ont changé.

Sources

  1. Gartner survey finds only 14% of customer service issues are fully resolved in self-serviceGartner, 19 août 2024. Enquête auprès de 5 728 clients, décembre 2023. Le profil des répondants et les pays ne sont pas précisés.

Les questions que l’on se pose

Quel pourcentage des appels au support technique est répétitif ?

Il n’existe aucun chiffre publié fiable sur les assistances téléphoniques techniques des fabricants, et les chiffres des centres d’assistance logicielle et du service client de la distribution ne sont pas transposables. Le repère extérieur le plus proche, issu des centres de services informatiques, est présenté dans notre article Le support technique en chiffres. Le seul chiffre digne de confiance est le vôtre. Comptez cinq jours ouvrés d’appels par sujet, classez chaque sujet en courant, demande du jugement ou non documenté, et lisez la part sur le pointage.

Comment distinguer une question technique courante d’une question qui demande un ingénieur ?

Deux tests. La réponse est-elle écrite dans votre documentation ? Deux de vos conseillers, quels qu’ils soient, donneraient-ils la même réponse ? Si c’est oui aux deux, la question est courante. Si la réponse est documentée mais dépend de ce que le conseiller entend, elle demande du jugement. Si elle n’est écrite nulle part, elle n’est pas documentée.

Pourquoi les installateurs appellent-ils pour des questions qui sont dans le manuel ?

Parce que trouver la bonne page sur site prend plus de temps qu’appeler. L’information existe ; le problème, c’est d’y accéder au moment où l’on en a besoin. Gartner a constaté que la cause d’échec la plus fréquente du libre-service, dans 43 % des cas, était que les clients ne trouvaient pas de contenu correspondant à leur problème.

Lingo

Lingo transforme les manuels des fabricants en guides pas à pas que les installateurs suivent sur WhatsApp, approuvés par l’équipe technique du fabricant.